Mr O’Leary needs money (yours).
14 Kg 300
pour tenir deux semaines, tadaaaaam, pas de surtaxe ! Même Monsieur Max
que le volume de mes bagages amusait beaucoup lors de nos vacances communes va
pouvoir la fermer sa grande gu…le.
Vol rapide
et sans encombres dont le déroulement me rappellera un principe de base :
à l’arrière de l’avion, on est plus vite sorti, certes, mais on est surtout près
des toilettes… Je confirme : le flux migratoire de la gastro prend une
direction Nord, Nord-Ouest.
City (bad) – trip.
Vol
ok ! Réception des bagages ok ! Douane
& co: ok !
Repérage des arrêts de bus : nickel.
C’est là que ca se corse : j’ai fait de mon mieux pour
demander au chauffeur à quel arrêt descendre, je me souviens juste avoir
compris que c’était « dans les derniers »,
à part ca, nada… Je le soupçonne de m’avoir répondu en Gaélique juste pour le
fun… Il fait soir, les vitres des bus sont légèrement opaques, les arrêts mal
indiqués sous des ampoules faiblardes… Votre plan de la ville est au fond du
sac et vous vous surprenez à vous inquiéter.
Et là, vos sauveurs vous apparaissent : vous savez que
votre hôtel (ouais, enfin plutôt « hostel »
d’ailleurs, voir plus bas…) est en plein dans le centre « touristico-historique » de Temple
Bar. Malgré la haute opinion que l’on peut avoir de soi
comme touriste (et gna gna gni que je
visite que des trucs pas « mainstream » et gna gna gni que j’ai mon
guide Lonely Planet parce que le Routard c’est trop « has been » et
gna gna gni et gna gna gna…), il faut se rendre à l’évidence :
En dehors de Belgique, le touriste c’est vous ! C’est vous le niak !
Et donc
vous commencez à scruter les réactions de vos voisins de bus japonais :
s’ils bougent, vous bougez, s’ils font mine de descendre du bus, vous descendez
du bus. C’est imparable : descente à l’arrêt tip-top à 200 mètres de l’hôtel !
Le
japonais, c’est un peu le croisement entre l’hirondelle et le
poisson-pilote du touriste !
- Dis Mister Ben, tu sais que tu deviens poète quand tu bois des
Guinness ?
- Oui baby, sinon, tu es une vraie rousse, au fait ?
- Rhooooooo Mister Ben…
Avalon House.
Auberge de
jeunesse légèrement défraichie de 300 lits.
Premier
coup de blues en découvrant le placard à balai dans lequel je passerai les 5
prochaines nuits… Soupir ! Enfin, au moins je serai seul et je ne devrai
pas supporter les effluves pédestres plus ou moins douteuses de 11 compagnons
de chambrée. Bon, ok, c’est minuscule, le lit est pas top, mais après on se
rappelle qu’on paie moins de 10%v du prix de la nuit de son prochain hôtel et
qu’en pleine St Patrick c’est un peu un miracle cette chambre.
On rêvasse,
on découvre les espaces communs, la connexion wi-fi, une danoise revenant des
douches dans une toute petite serviette qui vous sourit, et c’est presque le
bonheur.
De courte
durée. Nous sommes maintenant le mardi 13. Je n’ai pas dormi depuis samedi.
Mes traits
se creusent et j’envisage l’achat d’une arme à feu au marché noir pour calmer
radicalement mes voisins de couloirs la nuit ! « Shut up ! You stupid freaky Polish freak » dirait une
connaissance du Bon Docteur Dal.
Je vous
renvoie à l’album photo pour avoir une idée du cadre. Je suis fasciné par mon
lavabo dans la chambre, le genre dans lequel des centaines d’occupants trop
fainéants pour aller aux toilettes ou tout simplement trop saouls ont du pisser
dedans ! J’hésite à la tapisser de vodka ou à me laisser pousser la barbe…
Tiens ?
Les anglais d’à côté ont fini de vomir, je vais faire une pause et me risquer
vers le bloc sanitaire…
Sécu – C’est cul.
Je vous ai
pas encore parlé de Dublin avec ca.
Alors
qu’est-ce qui frappe le Gros Lourd en goguette lors de ses premiers
déplacements nocturnes ?
Et bien, ma
plus grosse surprise « so far » c’est d’observer devant chaque pub,
night shop, pharmacie, … bref tout ce qui est ouvert de nuit, un irlandais
baraqué à gants de cuirs noirs, veste en drap et oreillette. Ca s’appelle
« Bouncer » en local,
paraît-il.
Un service
devant un nightclub, j’aurais pu comprendre. D’autant que je loge à proximité
de sex-shops (tiens, ils ont la courtoisie d’annoncer sur leur devanture qu’ils
sont « female friendly »,
c’est assez cocasse ; s’il faut vous ramener des souvenirs, il y a
actuellement une promo sur les butt plugs et les dvd).
Mais devant
chaque pub, j’en reviens toujours pas. Finalement, pour le premier soir, je
m’éloignerai du centre pour rentrer dans un établissement sans ce genre de
loulous. Mes deux premières Guinness abroad : délicieux !
Le salaire de la pipe ?
Une caisse
de 24 cannettes de bières : c’est la dernière offre de la fille devant moi
au night Shop devant l’hostel où je vais chercher mes bouteilles d’eau… Y’a pas
à dire, en deux jours mon anglais s’est amélioré ;-) Avec des tarifs pareils, je comprends qu'on parle de "miracle Irlandais" et vu la bouche de la jeune fille, ca n'est pas un exploit que le Tigre celtique se soit réveillé 
(ok ok je sors...)
Perdu le « nomie », reste la gastro.
J’attends
avec impatience mon séjour au « Clarence » dès vendredi pour faire la
comparaison, mais actuellement l’eau de l’auberge coule trouble et mon
transiiiii s’améliore. Bon maintenant, faut p’têtre chercher du côté des Sheppard
(Shepherd?) pies et des Guinness aussi…
Je vais
être raisonnable : si la cuisine traditionnelle irlandaise avait produit
quelque chose d’exceptionnel, ca se saurait… Même Tournai aurait ses
restaurants Irlandais pour fin gourmets en pull Arran (on a bien eu deux
suisses, alors tu penses…).
Or dans
leur grande sagesse, les rouquins n’ont exporté que les pubs.
Et moi je
dis, c’est pas un hasard… Je me laisse encore une tentative de préparation à
base de patate, puis après je zappe sur de l’asiatique ! Vais recontacter
mon collègue Lode qui a épousé une Irlandaise, il y passe souvent des vacances
et je le vois mal se laisser mourir de fin. Y’a un truc… suis sur qu’il y a un
truc pour se nourrir convenablement là bas…
Et les cours dans tout cela ?
C’est vrai,
faudrait pas laisser l’impression que je suis en train de dilapider l’argent du
contribuable wallon en stouts, cider and ales…
Et bien
bonne impression de l’école (CES Ireland) : accueil administratif pro, test
d’orientation vers un groupe qui semble homogène et du même niveau que moi, roulement
de deux profs pour avoir des accents et des styles d’enseignement différents, …
Pas de
regret non plus de ne pas être en famille : contrairement à ce que
s’imaginent les profs (ou ce dont ils
doivent faire la promotion, à un certain niveau de déni, on se pose la question
de la mauvaise foi), c’est plutôt le bordel dans les familles : je
passe sur les hébergements à plus d’une heure de transport de l’école, de
l’indifférence manifeste quant à la présence de l’étudiant pour la moitié
d’entre elles, le repas encore plus frugal qu’un petit déjeuner chez Avalon
House, … Le pompon revient à Magdalena, charmante italienne qui a déjà passé 6
soirées à faire comprendre à sa famille d’accueil qu’elle en avait marre que
leur grand dadais de 18 ans s’amuse à rentrer dans la chambre qu’elle occupe à
tous moments et sans prévenir. L’étudiant étranger semble occuper le statut de
ressource naturelle chez certains.
Le social
program est bien fourni : outre des cours gratuits pour ceux qui le
souhaitent l’après-midi (rapé pour moi, suis déjà en formule intensive), il y a
chaque jour une activité organisée avec prof/guide de l’école.
Ils
insistent un peu lourdement sur l’achat du bouquin, mais après deux jours je
dois me rendre à l’évidence, on n’est pas au Collège N**** D*** de la T**** à
K*** : les profs utilisent réellement les livres de cours !
Noooon ? Si !
Une des
deux profs a l’air calée en presse satirique et en littérature (elle nous
ramène de très chouettes extraits / articles à traiter en classe), je sens que
je vais lui demander qques conseils pour choisir l’un ou l’autre bouquin. Je
résister à Harry Potter en VO… Je résisterai… Je dois aussi me faire livrer l’intégrale
Gary Larson… Mmmmh, une bonne chronique BD humoristique version VO en
perspective.